Finales des Masters de beach-volley : enfin l’heure de Vercauteren et Van Langendonck ?
Après les étapes disputées ce week-end sur la plage sportive de Nieuport, les décisions tomberont la semaine prochaine lors des finales des Masters. Pour Kyan Vercauteren et Joppe Van Langendonck, champions du monde U21 en 2023, le Championnat de Belgique ne constitue pas une fin en soi, mais une étape dans un projet plus vaste. Après une courte pause, leur saison internationale se poursuivra en effet, avec les Jeux olympiques de Los Angeles comme objectif ultime et moteur indispensable.
Réduire l’écart sur le circuit FIVB
Le passage des catégories U21 au circuit mondial de beach-volley – face aux meilleurs joueurs seniors – implique une adaptation permanente et la nécessité de confirmer sans cesse. Les progrès sont bien réels, comme on a pu le constater lors de l’étape du Championnat de Belgique à Nieuport. Sur la scène internationale également, leur évolution était visible ces derniers mois. Auparavant, les jeunes Belges ne parvenaient pas à accéder aux tournois Challenge. Désormais, ils évoluent régulièrement dans cette catégorie supérieure. Avec, à la clé, des résultats concrets : une victoire en Inde et une troisième place en Chine.
Les tournois Elite de Saquarema, au Brésil, et de Gstaad, en Suisse, où ils sont parvenus à se qualifier pour le tableau principal, ont constitué un véritable baromètre de leur progression. « À ce niveau, on affronte les meilleurs joueurs du monde », explique leur entraîneur Rik Donkers. « C’est dans ce type de matches que l’on apprend le plus : vitesse plus élevée, actions puissantes, maîtrise du jeu et contrôle du nombre de fautes. »
Un calendrier chargé et un Euro manqué
L’accumulation des efforts a toutefois entraîné une petite baisse de régime. Entre janvier et juin, l’équipe a suivi un programme pratiquement ininterrompu. Selon Rik Donkers, le manque de récupération explique les résultats moins convaincants et l’absence de fraîcheur lors des étapes d’Alanya et de Louvain. « Dans le sport de haut niveau, une baisse d’efficacité de quelques pour cent se paie immédiatement. »
Le fait qu’ils aient manqué de peu la qualification pour l’Euro en Pologne est une conséquence directe du classement. Certaines nations se sont présentées avec une autre composition d’équipe, ce qui leur a permis de dépasser Vercauteren et Van Langendonck. Une wild card a également été attribuée – de manière assez compréhensible – au pays organisateur. Rik Donkers se montre pragmatique : « Bien sûr, c’est difficile à accepter. Mais la dure réalité de ce circuit, c’est que chaque set, chaque point et chaque match compte. Lorsque l’on analyse les données et notre parcours, on constate que Joppe et Kyan ont franchi d’énormes étapes sur les plans mental, physique, technique et tactique. C’est ce que nous retenons, malgré cette occasion manquée de participer au tournoi de Stare Jabłonki cette semaine. Des équipes moins bien classées que Kyan et Joppe y sont actuellement présentes. Mais nous devons respecter le règlement. »
L’horloge olympique tourne : de la 54e à la 30e place
Le temps ne s’arrête pas et la période de qualification pour les Jeux olympiques ne laisse presque aucun répit. Les deux hommes ne disposent que d’un an et demi pour progresser au classement mondial et décrocher les précieux billets olympiques. Une véritable course contre la montre attend donc le duo belge.
Leur progression est clairement amorcée : en relativement peu de temps, Vercauteren et Van Langendonck sont passés de la 54e à la 30e place mondiale. Une remontée impressionnante, mais encore insuffisante pour rejoindre Los Angeles.
Après les finales des Masters, leur aventure se poursuivra. Pourtant, et c’est assez incompréhensible, la FIVB n’a toujours pas publié son calendrier pour l’automne. « Dans ces conditions, il est très difficile d’établir un planning digne du sport de haut niveau », regrette l’entraîneur belge. « La période de qualification olympique débute le 1er novembre. En attendant, Joppe et Kyan disposent d’un peu de temps pour avancer dans leurs études de bachelier. Nous avons prévu un mois complet d’entraînement en septembre afin de préparer une nouvelle progression et d’élever encore notre niveau. Pour la suite, tout reste flou, car nous ne disposons d’aucune information de la part de la FIVB. »
La lutte pour le titre sur le sable de Nieuport
Pour l’instant, il ne reste donc qu’à se concentrer pleinement sur le Championnat de Belgique et sur la médaille d’or des Masters. Vercauteren, déjà sacré auparavant aux côtés d’Alexy Humblet, connaît la plus haute marche du podium. Van Langendonck, lui, est à la recherche de son premier titre national.
À Nieuport, le principal obstacle se nommera Gilles et Louis Vandecaveye. Le week-end dernier, les deux frères ont clairement démontré qu’ils avaient développé un style de jeu rapide, varié et spectaculaire, nourri par leur grande expérience internationale. « Nous aimons jouer contre eux », se réjouit Donkers. « Le beach-volley sur la côte belge constitue par ailleurs une discipline à part entière. Le vent marin influence la trajectoire du ballon, les solutions et les choix en attaque comme en défense, ainsi que la pression au service. Nous devrons gérer intelligemment ces éléments sur le plan tactique, sans nous éloigner de notre propre système. Notre ambition est extrêmement claire : nous visons l’or. »
La finale de rêve, que nous annoncions déjà la semaine dernière, reste donc possible le dimanche 16 août. Au vu du niveau affiché par les deux équipes dimanche dernier, on pourrait penser que les autres formations devront se battre pour la médaille de bronze. À moins qu’une surprise classique ne sorte du sable…
Les frères Vandecaveye ont remporté avec brio la dernière étape du Belgian Beach Tour à Nieuport. Comme lors des finales des Masters de l’année dernière et cette saison à Louvain, les deux Flandriens occidentaux ont comblé leur retard avant de s’imposer au terme d’un match de très haut niveau. Il est impressionnant de voir à quel point Gilles et Louis restent calmes et imperturbables, même lorsqu’ils comptent quatre ou cinq points de retard. Dans les moments décisifs, ils répondent toujours présents. Écarter ce duo particulièrement efficace constituera donc un immense défi, tant mental que technico-tactique, pour Van Langendonck et Vercauteren.
« C’était effectivement une très belle finale dimanche dernier », confirme Rik Donkers. « Le public en a été le grand gagnant. Le niveau des deux équipes est très proche. Cette semaine, nous allons discuter des matches et les analyser afin de trouver la solution. Où se situe la clé pour parvenir à battre Gilles et Louis ? Nous avons hâte d’y être. »
Texte : Walter Vereeck
Photos : Rudy Pollé / Pim Waslander