Gijs Jorna : « Cette finale de coupe avec Anvers contre Roulers a été un sommet dans ma carrière »
Dimanche après‑midi, la BeNe Conference propose l’affiche entre le leader Orion Stars et Greenyard Maaseik, un duel qui réveille des souvenirs particuliers chez Gijs Jorna, aujourd’hui âgé de 36 ans. L’homme aux près de 350 sélections avec l’équipe nationale néerlandaise, qui a également passé cinq années généralement très agréables dans le championnat belge, à Anvers et à Maaseik.
Entre cette période et aujourd’hui, le Néerlandais jovial et toujours souriant a construit une carrière répartie sur six pays. « Chaumont et Toulouse en France, Ploiesti en Roumanie, le PAOK Salonique en Grèce, même la toute petite et relativement sûre ville ukrainienne de Horodze, à la frontière roumaine — dans de bonnes conditions financières, avec Tervaportti (ex‑Roulers) d’ailleurs — puis Gdansk en Pologne, et maintenant Orion Stars à Doetinchem », énumère‑t‑il.
Pourquoi ce choix pour Orion ? N’avais‑tu pas juré de terminer ta carrière à Anvers ?
Gijs Jorna : « Eh bien, j’ai 36 ans, et à cet âge‑là, tu te poses des questions. Que veux‑tu encore ? Je voulais une vie plus sociale, plus proche de ma famille et de mes amis. Mais je voulais aussi jouer dans une équipe ambitieuse. Mon frère Rob siège au conseil d’administration d’Orion, et le club voulait clairement construire et progresser. J’étais prêt à contribuer à ce projet et à transmettre mon expérience aux jeunes.
Les résultats montrent que nous avons réussi : Orion n’a perdu qu’un seul match en championnat (contre Lycurgus), nous jouons la finale de la coupe à Pâques, et récemment nous avons disputé un match européen à guichets fermés contre l’énorme Fenerbahçe. Pas de honte à perdre, mais quelle ambiance ! »
Tu as aussi continué à suivre Maaseik. Pourquoi, selon toi, ont‑ils longtemps cessé de gagner des titres ?
« Maaseik a toujours eu une touche néerlandaise. Mais je pense qu’ils ont surtout longtemps buté sur Roulers, qui a construit une structure très solide et attirait chaque année les meilleurs Belges. Maaseik cherchait constamment, il y avait un va‑et‑vient permanent de joueurs. Et quand un joueur était trop bon, il partait après un an. Impossible de construire une équipe stable. Mais j’ai l’impression qu’ils ont appris la leçon : aujourd’hui, ils travaillent à un avenir plus stable avec Woicki, un excellent coach polonais, et avec Finali, un très bon passeur. »
Leur ancien passeur, Liam McCluskey, joue maintenant à Orion.
« Il a longtemps eu des soucis physiques, mais il est revenu juste à temps. Et cette saison, il joue vraiment très bien. »
Le match contre Maaseik est‑il vraiment attendu à Doetinchem ?
« Absolument. Nous voulons tout gagner : le titre, la coupe, et idéalement quelques exploits — soit en coupe d’Europe, soit en BeNe Conference. Maaseik est un excellent test. »
Dans le duel des champions, vous étiez un peu courts contre Knack Roulers…
« Je pense que le niveau des topteams belges est un peu plus élevé qu’aux Pays‑Bas. Mais ce jour‑là, en coupe contre Roulers, nous n’étions vraiment pas bons. Je revenais moi‑même de blessure. Nous voulons montrer que nous pouvons faire mieux, et nous vendrons chèrement notre peau. J’étais content de notre victoire à Menin, et il reste encore sept rencontres probablement très relevées. Plus nous jouons contre des topclubs étrangers, plus notre niveau s’élève. »
Tu as presque vingt ans d’expérience au haut niveau. Quels ont été les hauts et les bas ?
« En tant que sportif, tu veux gagner le plus possible. Lors de mon premier passage à l’étranger, à Saint‑Quentin, nous avons été relégués. Pas agréable, mais j’en ai beaucoup appris, j’ai grandi comme personne. Mais ma plus grande déception reste de ne jamais avoir atteint les Jeux Olympiques avec les Oranje. »
Ton plus beau souvenir ?
« Il y en a tellement. Je suis très fier de mes nombreuses années en équipe nationale. Mais le plus beau moment reste sans doute la finale de coupe que nous avons gagnée avec Anvers contre le favori Roulers, un match terminé à 28‑26, avec neuf balles de match. Jusqu’alors, le club n’avait jamais rien gagné. Nous avions grandi ensemble. Chaque année, nous finissions dans le top‑3. J’en garde un souvenir magnifique : une ville superbe, une équipe géniale, un encadrement professionnel, une voiture, un appartement, 14 joueurs à l’entraînement… mais malheureusement une croissance un peu trop rapide, avec les conséquences financières que l’on connaît. »
À Maaseik, tu as été élu meilleur serveur et meilleur réceptionneur‑attaquant, alors que tu avais commencé comme libero.
« Dans ma jeunesse, j’étais déjà réceptionneur‑attaquant. Mais dans les équipes nationales de jeunes, il y avait tellement de concurrence à ce poste que le coach m’a conseillé d’essayer comme libero. Mais quand Maaseik a eu presque simultanément les blessures de Maan, Wijsmans et Staples, je suis revenu comme réceptionneur‑attaquant, et je le suis resté presque toute ma carrière. »
À 36 ans, tu penses aussi à l’après‑carrière. Que prévois‑tu ?
« J’avais des doutes. D’abord, je veux encore donner le maximum comme joueur à Orion. Après vingt ans au plus haut niveau, je resterai de toute façon dans le volley. C’est un petit monde, mais c’est ma passion. Je suis heureux chaque jour où je peux encore jouer.
Je sais aussi que je peux aider de jeunes talents dans leurs choix de carrière, les avertir des pièges, des opportunités, les guider vers les meilleures décisions selon leur profil… Privément, je suis heureux d’être de retour aux Pays‑Bas, et j’ai finalement décidé qu’après ma carrière de joueur, je deviendrai agent. Ce sera un travail à temps plein, car quand je commence quelque chose, je veux que ce soit bien fait. »
Texte : MC
Photo : Orion Stars