Greenyard Maaseik peut‑il enfin regagner la Coupe après 14 ans ? « Nous avons retrouvé notre identité et notre discipline »
Cela fait quatorze ans que Maaseik n’a plus soulevé la Coupe de Belgique. Une éternité pour un club considéré, avec Roeselare, comme l’un des deux géants du volley belge. Pour comprendre cette longue attente, nous avons interrogé Frank Van Roost, attaché de presse et observateur privilégié du club.
Pourquoi Maaseik n’a‑t‑il plus gagné la Coupe depuis 2012 ?
Frank Van Roost : « Plusieurs facteurs : des tirages difficiles, des blessures, la domination de Roeselare, des transferts moins réussis, un manque de moyens pour attirer les jeunes stars européennes… et parfois la perte de notre propre identité. »
Vous avez connu les années dorées du club. Qu’est‑ce qui faisait la différence ?
Van Roost : « Entre 1997 et 2012, sous Kristiansson et Heynen, nous avons gagné douze Coupes. Le club repérait des talents avant tout le monde : Lebl, Platenik… Mais ensuite, les meilleurs joueurs sont partis en Italie, puis en France et en Pologne. Financièrement, nous ne pouvions plus suivre. »
Pourquoi Roeselare a‑t‑il mieux résisté ?
Van Roost : « Grâce à la continuité et à la connexion avec la Topsportschool. Ils gardaient leurs jeunes talents et complétaient avec de bons étrangers. Nous avions de bons entraîneurs, mais moins de stabilité. »
Sur quoi Maaseik peut‑il être fier ?
Van Roost : « Depuis 1976, le club n’a jamais quitté la première division et n’a jamais eu de problèmes financiers. Notre salle est l’une des plus belles du pays, entièrement propriété du club. Et malgré la distance, nous avons un public fidèle : six bus partiront pour la finale, plus deux de Waremme. »
Qu’est‑ce qui a changé ces dernières années ?
Van Roost : « Nous misons à nouveau sur les jeunes Belges : Perin, Fafchamps, Wolters, Bus… Et nous avons découvert de vrais talents comme Bogaerts. L’idée est de reconstruire une identité forte, avec discipline et mentalité. »
Mais vous perdez aussi des joueurs comme Meijs…
Van Roost : « Oui, il retourne à Modena. Mais notre scouting fonctionne très bien : Finoli est un distributeur exceptionnel, Freimanis est pour moi le meilleur central du championnat. Et nous gardons un œil sur les Pays‑Bas, où nous avons repéré le jeune prodige Jordi van Laar. »
Êtes‑vous favori en finale contre Menen ?
Van Roost : « Pas vraiment. Menen joue sa quatrième finale d’affilée et connaît parfaitement ce type de match. Nos joueurs n’ont jamais joué dans cette salle. Je dirais 51 % pour nous, 49 % pour eux. Mais nous avons retrouvé notre âme : engagement, combativité, cohésion. »
L’équipe n’est‑elle pas épuisée après un lourd calendrier européen ?
Van Roost : « Les déplacements ont été très durs, mais l’équipe a grandi. Nous avons gagné plusieurs matchs après avoir perdu le premier set, parfois même après 0‑2. Cela montre notre résilience. »
Quel est l’objectif final de la saison ?
Van Roost : « Simple : gagner un trophée. Après des années comme club tremplin, nous voulons à nouveau concrétiser. »
Article: MC
Photo: Jürgen Sabarz