Gilles Vandecaveye : « Si nous ne la gagnons pas maintenant, peut‑être pakken we cette coupe jamais »

07/04/2026

Quatre finales de coupe consécutives : pour Decospan Volley Team Menen, le chemin vers l’Afas Dome d’Anvers (Sportpaleis) est devenu une sorte de pèlerinage familier. Pourtant, le trophée tant convoité manque toujours dans l’armoire à prix. Ces dernières années, le club frontalier s’est imposé comme une valeur sûre du volley belge, solide et respectée, mais il rêve plus que jamais de décrocher enfin ce premier titre historique.

Le samedi 11 avril, une nouvelle opportunité se présente, dans une finale brûlante contre Greenyard Maaseik. Un adversaire dat jeudi encore s’est incliné honorablement en demi‑finale de la CEV Cup face à Lüneburg, mais qui semble marcher sur l’eau en championnat.

Pour Gilles Vandecaveye, capitaine de 30 ans et véritable moteur de l’équipe, cette finale a une saveur très particulière. Après cinq saisons de loyaux services, l’attaquant tourne une page importante. La saison prochaine, il quittera la mythique Vauban pour un transfert marquant vers le rival de toujours : Knack Roeselare.


Mais avant ce nouveau chapitre, Vandecaveye n’a qu’un objectif : offrir à son cher Menen — le club du peuple — cette Coupe de Belgique comme cadeau d’adieu ultime.
Nous le rencontrons juste après une séance préventive chez le chiropracteur. Le corps doit être parfait, surtout maintenant que l’apogée de la saison approche. La récente BeNe Conference a apporté des hauts et des bas, maar dans les têtes des joueurs, du staff et des supporters, une seule idée domine : enfin soulever la « Sainte Coupe » du volley belge.

Un entretien sincère sur le départ, le choix du rival, le piège de la surconcentration et la faim insatiable d’un trophée.
Gilles, une quatrième finale consécutive. Est‑ce devenu une routine ou voelt deze anders, sachant que Menen court toujours après ce premier titre ?
« Non, ce n’est absolument pas une routine. J’ai déjà eu la chance de jouer plusieurs finales : deux avec Menen, et une autre gagnée avec Gand contre Aalst au Sportpaleis. C’était un moment fantastique. Mais avec Menen, on veut vraiment la gagner. La faim chez les supporters est immense. Atteindre la finale, c’est bien, maar ils veulent maintenant la victoire. On le sent partout : chez les fans, dans le club.
Et honnêtement : si on ne la gagne pas maintenant, peut‑être qu’on ne la gagnera jamais. Cette idée vit très fort, encore plus que les résultats en play‑offs, surtout maintenant que nous sommes déjà assurés d’Europe. »

Cette fois, ce n’est pas Roeselare en finale, mais Maaseik. Cela change‑t‑il quelque chose ?
« Difficile à dire. Roeselare a une énorme expérience des finales, et je connais beaucoup de joueurs là‑bas. Maaseik, c’est différent. Je pensais au début que cela pourrait jouer en notre faveur, maar ils sont dans une forme incroyable. Leur collectif fonctionne parfaitement. Leur passeur Finoli est excellent, et les jeunes comme Perin et Meijs explosent. Ce sera très dur. »

Vous êtes donc l’outsider ?
« Oui, clairement. Si je regarde objectivement les dernières semaines, je dirais 30‑70 pour Maaseik. Mais une finale, c’est un match à part. La forme du jour, l’adaptation à la salle, la pression mentale… tout peut basculer.
Maaseik a plusieurs serveurs capables de mettre une pression énorme : Perin, Meijs, Fafchamps… Peut‑être que la tension d’une grande finale peut jouer contre eux. De notre côté, notre réception devra être irréprochable. »

Comment as‑tu vécu la BeNe Conference ?
« L’idée est bonne, on veut rendre la compétition plus attractive. Mais en pratique, c’était un peu irrégulier. Orion est très fort, les autres équipes néerlandaises un peu moins. Et la pression y est plus faible, car la place pour les play‑offs était presque fixée.
Les déplacements sont lourds : aller à Groningen, c’est facilement un jour et demi. Ça pèse. Mais maintenant, tout est recentré : depuis que notre place européenne est assurée, toute l’attention est sur la finale. »

Tu rejoins Roeselare la saison prochaine. Comment ce transfert est‑il né ?
« Honnêtement, je ne m’y attendais pas. Il n’y avait jamais eu de contact avant. Mais cette fois, c’était le bon moment. Verhanneman, longtemps un pilier de stabilité, est parti. Ils cherchaient un profil comme le mien.
Pour moi, c’est une énorme reconnaissance. Quand Roeselare t’appelle, c’est qu’ils voient en toi des qualités pour le plus haut niveau. »

Tu deviendras aussi professionnel à plein temps.
« Oui, c’est essentiel. Aujourd’hui, je travaille encore 4/5 comme consultant. C’est très lourd avec le volley de haut niveau. Je vais démissionner pour me consacrer entièrement au sport. Cela va changer beaucoup de choses : plus de repos, plus de focus, et j’espère de meilleures performances. »

Comment les supporters de Menen ont‑ils réagi ?
« J’avais peur, oui. La rivalité est énorme. Maar ils ne m’en veulent pas. Ils sont tristes, bien sûr, surtout que je pars à Roeselare, maar ils comprennent. Ils savent que c’est une chance unique pour moi. Le club et le coach ont aussi réagi avec beaucoup de respect. »

Comment te prépares‑tu mentalement pour cette finale ?
« J’ai appris qu’il ne faut jamais tomber dans la surconcentration. La tentation est grande d’en faire plus, mais ça te paralyse. J’essaie d’aborder le match comme un autre, même si c’est difficile. Le sommeil est crucial pour moi. Même si je dors mal, je veux rester naturel. »

Vous passez le week‑end ensemble ?
« Oui. On s’entraîne vendredi dans la salle, on dort à l’hôtel, on fait une activation le matin. Ça renforce le groupe. Notre central autrichien revient de blessure, donc on sera au complet. On construit ensemble vers ce moment. »

Et si vous remportez la coupe ?
« Ce serait un rêve absolu. Pour moi, pour l’équipe, pour le club, pour les supporters. Ramener cette première coupe à Menen… il n’y aurait pas plus beau cadeau d’adieu. »


Texte: KH
Image: Facebook-  Decospan Volley Team Menen

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